Pas sortis de l'auberge

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Nous ne sommes pas sortis de l'auberge, c'est le moins que l'on puisse dire :

Le chef de l'Eglise catholique a redit son opposition au contrôle « artificiel » des naissances, critiquant indirectement les pays riches et les organisations internationales qui cherchent à influencer le style de vie et la morale des pays les plus pauvres.

Le pape a pris l'exemple d'un ministre de l'éducation nationale qu'il a connu autrefois et qui proposait de construire des écoles pour les plus démunis à conditions que leurs bibliothèques mettent à disposition un livre sur la théorie du genre qui pose la question du rôle de l'homme et de la femme. « Il s'agit de colonisation intellectuelle. Ils colonisent les peuples avec des idées qui cherchent à changer les mentalités et les structures. »

« Mais il n'y a rien de nouveau. Cela a été fait par les dictatures du siècle dernier », a-t-il déclaré, citant les jeunesses hitlériennes et « Opera Nazionale Balilla », leur homologue italienne fondée sous le régime de Benito Mussolini.

[ Le Monde, Pour le pape, les catholiques ne doivent pas se reproduire « comme des lapins », publié le mardi 20 janvier 2015 sur lemonde.fr. ]

Et cette très belle phrase, qui restera dans les mémoires :

« Certains pensent, excusez-moi du terme, que pour être de bons catholiques, il faut se comporter comme des lapins, mais ce n'est pas le cas. »

Lors de la venue de JPII à Paris pour les JMJ en 1997, j'avais affiché cette Une de Charlie Hebdo dans mon terrier :

Charlie Hedo 270 Ville lumière accueille l'obscurantisme

18 ans plus tard, on peut faire la même : Riss, quand tu iras mieux...

Croyances populaires

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Margot believes in Batman, Saint-Cloud, photographie de Rémi Noel. Découverte via L'Antre. Et merci à tineye.com.



Super Marie, détournement de Soasig Chamaillard. Découverte via Stéphane Pajot.

Plus jeune, j'avais un pote dont les parents avaient décoré leur maison avec des crucifix détournés. Jésus en Spider-man. Jésus fait du parapente. Et le détournement détourné ultime : Barbie sur un crucifix. Appropriation des codes, imagination et poésie comme seules directions.

Contestation footballistique

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De plus en plus les sommes folles dépensées dans l'organisation des grandes messes footballistiques planétaires sont contestées.

On le constate en ce moment avec cette œuvre de Paulo Ito à São Paulo (peinte sur le mur d'une école) pour la Coupe du Monde qui se déroulera prochainement au Brésil. Le coût estimé (source : rue89) est de 11 milliards de dollars.

Paulo Ito - São Paulo - eventopompeia2014didatico
Source : Flickr/CC/Paulo Ito https://www.flickr.com/photos/pauloito/13998946669

On le voit aussi avec cette œuvre de Goin à Athène en 2013.

goin athenes 2013 - need food not football

Source : http://www.goinart.net/goin-to-athens/

Mais la contestation ne doit pas exister que pour ces événements planétaires. Elle doit exister à chaque niveau, même et surtout au niveau local.

Exemple dans ma commune. Le terrain de football en herbe datait de 1987, et selon les intéressés, ne répondait plus aux exigences : impraticable l'hiver, drainage inexistant etc. Il a été décidé de dépenser plus de 900 000 € pour équiper la commune d'un nouveau terrain de football, synthétique cette foix, et donc praticable en toute saison. Après récupération d'une partie de la TVA, et après déduction des subventions diverses, la charge de la commune s'élève à 700 000 €. Soit 20 % des recettes annuelles.

La demande était sans doute légitime et le confort des footballeurs était certainement insuffisant. Mais pendant ce temps, le budget alloué à l'école publique est figé depuis 4 ans (ce qui équivaut à un appauvrissement de l'école compte tenu de l'augmentation du coût de la vie). Pendant ce temps, la municipalité décide d'augmenter tous les tarifs des services municipaux, bien au dessus de l'inflation (accès au restaurant scolaire, accueil périscolaire, accueil de loisir.). Pendant ce temps, la municipalité décide que les Nouvelles Activités Périscolaires (application de la réforme des rythmes scolaires) seront payantes et ne seront que très faiblement prises en charge par la collectivité. Le prétexte ? Nous sommes une commune pauvre, sans beaucoup de recettes, et les futures dotations de l'État sont incertaines. Nous ne pouvons faire mieux.

La politique est une affaire de choix, d'orientation. Investir plusieurs centaines de milliers d'euros dans des équipements sportifs dispendieux, c'est un choix politique. Quand ce choix se fait au détriment de l'éducation fondamentale, cela devient révoltant.

Nous avons besoin de nourriture, mais aussi d'éducation. Ensuite seulement de football. Tout ceci est affaire de choix, donc de politique. La politique commence à notre porte. La prise de conscience est nécessaire. Les jeux ne peuvent plus suffire à calmer le peuple.

Pujadisme du jour

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Le service public n'a manifestement rien à refuser à la présidente du FN. Selon mes informations, David Pujadas a renoncé à lui opposer Martin Schulz, le président du Parlement européen et tête de liste des socialistes européens pour les élections du 25 mai prochain, celle-ci ayant menacé de boycotter « Des paroles et des actes » programmé jeudi soir dont elle est l'invité vedette. Une belle preuve d'indépendance journalistique : est-ce aux invités de choisir leurs contradicteurs ? N'aurait-il pas été davantage conforme à la déontologie journalistique que David Pujadas renonce à inviter Le Pen ?

La présidente du FN a notamment fait valoir qu'il s'agissait d'une « campagne française », ce qui est un comble pour une élection européenne… En réalité, elle craignait d'avoir face à elle un contradicteur pugnace qui sait parfaitement ce qu'elle ne fait pas au Parlement européen.

[ Jean Quatremer, Marine Le Pen dicte ses conditions à France 2 le 09 avril 2014 ]
À mettre en parallèle avec le journal de M. Pujadas de la veille, le 08 avril 2014, pendant lequel des intermittents du spectacle se sont introduits sur le plateau. M. Pujadas a alors rendu l'antenne en indiquant ne pas pouvoir faire ce journal sous la pression (sic).

Quand le service public laisse l'extrémisme et le populisme dicter ses lois, on se dit qu'on a pas fini d'entendre les chemises brunes se gausser autour de nous. Sombre pays.

Moulinsart SA, fossoyeur de Tintin

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tintin censure le petit XXle
Patrimoine commun

Aux Etats-Unis, Marvel et DC, s’ils savent aussi être pénibles, ont tout de même laissé leurs personnages de superhéros vivre leur vie. Superman, Batman ou Spiderman ne sont ainsi plus seulement des personnages de comics, ce sont aussi des héros de cinéma et d’Internet. Ce sont des mèmes, utilisés à satiété pour commenter l’actualité ou simplement pour faire des blagues. Cela rend ces héros créés au lendemain de la Grande Dépression pour le premier, juste avant la Seconde Guerre mondiale pour le second, et dans les années 60 pour le troisième, encore bien vivants. Ils ont réussi le pari d’être une partie intégrante du patrimoine culturel américain tout en restant en phase avec la société. Pour Marvel, ce détournement des œuvres est loin d’être un problème et a même permis à l’entreprise de devenir un studio hollywoodien surpuissant.

Tintin, pour le monde francophone, pourrait être la même chose. Un étendard et un bien culturel commun. Un signe de fierté à promouvoir pour montrer la capacité de notre culture à éclairer et interpréter les enjeux du monde actuel. Au contraire, les éditions Moulinsart ont choisi de mettre le petit personnage sous cloche, dans un musée d’où il n’a pas le droit de sortir. Il prend doucement la poussière. Face à la concurrence des héros de comics et de mangas, accessibles partout et tout le temps, Tintin est invisible. Les jeunes, petit à petit, ne se tourneront plus vers lui. Ils vont l’oublier. Au-delà d’une simple ligne de bénéfices en bas du bilan comptable des éditions Moulinsart, de toute évidence, Tintin se meurt.

[ Quentin GIRARD, Tintin prisonnier de Moulinsart, liberation.fr le 26 mars 2014 ]


Le problème de l'appartenance de la création au créateur est connu (cf par exemple la mort de Sherlock Holmes par Sir Arthur Conan Doyle.). À partir de quel moment la création n'appartient plus au créateur ? Quand fait-elle partie de notre culture commune, de notre patrimoine ? Ce qui se joue derrière cette question est notamment la problèmatique du droit d'auteur...

Mais ce qui se passe ici c'est la question des ayants droits. Quels sont les droits des personnes qui n'ont rien à voir avec le processus créatif (cas de la société Moulinsart SA dirigé par Nick Rodwell, époux de la veuve d'Hergé). Ces personnes se comportent comme des parasites, de vulgaires gstionnaires qui confisquent un patrimoine culturel commun. Dommage, de moins en moins de personnes liront Tintin. De moins en moins de jeunes découvriront Tintin. Tintin sera mort, et avec lui tout un pan de notre patrimoine.

R.I.P Cavanna

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[ Photographie de Arnaud Baumann publiée dans le hors-série « Cavanna raconte Cavanna » (11/08), via http://charlieenchaine.free.fr/ ]

François Cavanna, dit «Cavanna», mort mercredi soir à l'âge de 90 ans, a dynamité le conformisme et le bon goût dans la France des années 1960-80 avec les magazines Hara Kiri et Charlie Hebdo, avant de s'imposer comme un écrivain populaire, sensible et truculent.

[..]

Maçon comme son père, il est raflé en 1943 et expédié à Berlin pour le Service du travail obligatoire (STO). Il en gardera une aversion de la guerre, l'armée, l'autorité, dont il fera ses cibles préférées. Avec les curés, les sportifs, les chasseurs, les cons ou la corrida. De retour en France après deux ans et demi de camp, il rencontre Liliane, une rescapée de Ravensbrück, qu'il épouse. Mais la jeune femme, «mal ressuscitée» de ses années de déportation, meurt quelques mois plus tard.

Seul et désespéré, il abandonne les petits boulots pour se lancer dans le dessin de presse. Un métier qu'il exerce pendant 12 ans. Avec un joli coup de crayon, influencé par Dubout et les comics américains.

[...]

A plus de 85 ans, Cavanna, éternelles moustaches toujours plus blanches, tenait toujours une chronique dans Charlie Hebdo. Un peu déçu par l'évolution du dessin de presse, trop voué disait-il à la politique: «On se contente de peu. Hara Kiri, c'était à l'occasion politique, mais dans le cadre plus large de l'humour de société.» Pas de regret pourtant, pour le petit «rital» de Nogent : «On s'est bien amusé. On bossait comme des malades, mais on se marrait comme des fous».

L'écrivain, qui souffrait de la maladie de Parkinson, s'était confié sur sa pathologie en 2011. De la maladie, qu'il appelait «Miss Parkinson» et qui avait fait l'objet d'un livre paru chez Gallimard en 2011, Lune de miel, il disait : «Il faut s'occuper, sans quoi on pense. Il ne faut pas penser. Je m'occupe, je me suis juré de reconquérir une écriture lisible. Je crois vous l'avoir dit, miss Parkinson ne se contente pas de saloper l'écrit, elle le rend minuscule, à la limite du visible… Ce fut une dure, une longue bataille… Si vous pouviez voir le gribouillis que barbouille mon stylo, en ce moment même ! Mais je lutterai, j'ai besoin de parler ou je meurs. Ma parole, c'est l'écriture. A la main. Tant que je pourrai écrire une ligne, je serai présent parmi les vivants. Elle ne m'aura pas.»

[ Libération, Cavanna, Hara Kipleure le 30 janvier 2014 ]
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Sexualisation rance

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Il y a des pensées vieillies et nocives qui hantent les débats dès qu’il est question de sexualité. Il y a cette conviction qu’il existe des choses naturelles, des évidences essentielles que, jamais, rien ne démentira.

Pour les antimariage pour tous, deux personnes du même sexe ne peuvent élever un enfant.

Pour les machos et les viragos alliés dans le même différentialisme, l’homme a plus de besoins sexuels que la femme, et il est écrit de toute éternité que l’un paiera pour assouvir ses pulsions animales que l’autre accueillera en silence, en rêvant à l’impossible prince attentionné qui protégerait sa sensibilité maternante de belle au bois dormant.

Pour les abolitionnistes, le client de prostitués est un violeur qui s’ignore, la fille publique n’est qu’une esclave dénuée de libre arbitre, l’homme des bois est un prédateur, la femme - courage ne peut être que victime, la Suède, c’est le paradis, la Suisse, c’est mal, la Nouvelle-Zélande, c’est trop loin pour y aller voir.

En résumé, les hommes sont méchants, les femmes sont gentilles.

Et si moi, en tant qu’homme génétique, j’avais envie que ce soit la journée de la gentillesse toutes les semaines ?

Et si l’homme unique qui est en moi voulait être une foule sentimentale à lui tout seul ?

Et si moi, en tant que femme sporadique, j’avais envie d’affirmer ma méchanceté ? Dites-moi, je fais comment ?

[ Luc Le Vaillant, La sentimentalité, autre violence «faite» aux femmes... publié le 25 novembre 2013 sur liberation.fr ]

Charlie Hebdo et le racisme tarte à la crème

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Il y a quarante ans, conspuer, exécrer, conchier même les religions était un parcours obligé. Qui entendait critiquer la marche du monde ne pouvait manquer de mettre en cause les si grands pouvoirs des principaux clergés. Mais à suivre certains, il est vrai de plus en plus nombreux, il faudrait aujourd'hui se taire.

Passe encore que Charlie consacre tant de ses dessins de couverture aux papistes. Mais la religion musulmane, drapeau imposé à d'innombrables peuples de la planète, jusqu'en Indonésie, devrait, elle, être épargnée. Pourquoi diable ? Quel est le rapport, autre qu'idéologique, essentialiste au fond, entre le fait d'être arabe par exemple et l'appartenance à l'islam ?

Nous refusons de nous cacher derrière notre petit doigt, et nous continuerons, bien sûr. Même si c'est moins facile qu'en 1970, nous continuerons à rire des curés, des rabbins et des imams, que cela plaise ou non. Nous sommes minoritaires ? Peut-être, mais fiers de nos traditions en tout cas. Et que ceux qui prétendent et prétendront demain que Charlie est raciste aient au moins le courage de le dire à voix haute, et sous leur nom. Nous saurons quoi leur répondre.

[ Non, "Charlie Hebdo" n’est pas raciste !, tribune publiée le 20 novembre 2013, lemonde.fr par Charb et Fabrice Nicolino ]
Bref : ça va toujours mieux en le disant : continuez Charlie Hebdo, sortez vos tripes et n'ayez pas peur des intégristes, des religieux, des intolérants. Le pseudo racisme est devenu l'argument tarte à la crème de toute une partie de la population. Assumez votre position et continuez !

Mixité restrictive, indignation relative

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Grosse émotion (tout est relatif) relayée par Slate.fr :
A 12 ans, Maddy Paige fait partie depuis un an de l'équipe de football américain de son école privée de l’État de Géorgie. Enfin, faisait partie, puisque l'école de Strong Rock Christian a décidé qu'elle ne pourrait plus jouer à la rentrée scolaire.

Sa mère, Cassy Blythe, expliquait fin juin à l'Atlanta-Journal Constitution être sous le choc, puisqu'elle n'avait reçu jusque-là que des encouragements des coachs pour sa fille. Les explications de l'école pour cette décision sont confuses. Officiellement, l'école s'est contentée d'écrire dans un communiqué à une chaîne locale que leur «politique officielle est que les collégiennes [notre équivalent de la middle school américaine, NDLR] jouent à des sports de filles, et que les collégiens jouent à des sports de garçons». Une explication qui semble étrange, vu que Maddy jouait au foot en 6th grade, première année de la middle school.

Mais d'après Cassy Blythe, le directeur de l'école lui en a dit davantage sur les raisons d'une telle logique:
        «Il s'inquiétait
            que les garçons puissent avoir des pensées impures
            que les discussions de vestiaire seraient trop dures pour elle
            que les garçons et les filles ne devraient être en compétition dans aucun sport
            qu'il y a d'autres sports auxquels elle peut jouer
            qu'en tant qu'école privée, ils pouvaient faire ce qu'ils voulaient
            qu'il avait prié sur le sujet et que c'était la bonne chose à faire.
        Il a aussi cité la Bible en disant que les hommes et les femmes sont créés comme des égaux mais différents, et qu'ils ne devraient donc pas être autorisés à faire les mêmes sports.»

Une explication jugée «ridicule» par Cassy Blythe, entre autres parce que Maddy avait de toute façon son propre vestiaire, et parce que «ce n'est pas la faute de Maddy si les garçons ne peuvent pas contrôler leurs pensées ou leurs envies. Ils doivent apprendre à contrôler ce qui se passe chez eux, tout comme Maddy».

Elle estime que «si une fille remplit les mêmes conditions que les garçons, elle devrait avoir le droit de jouer». La famille a lancé une page Facebook intitulée «Let her play», «laissez-la jouer», qui en est à plus de 40.000 likes.

    [ Cécile Dehesdin  - Maddy, 12 ans, exclue de son équipe de foot pour éviter les «pensées impures» aux garçons, publié sur slate.fr le 02 juillet 2013 ]
L'indignation est normale : pourquoi empêcher une jeune fille de jouer aux mêmes sports que les garçons de son âge ? Pourquoi les garçons et les filles ne pourraient-ils pas jouer ensemble aux mêmes jeux ? La question est légitime, surtout avec les arguments pourris sortis par le personnel de l'école privée. Enfin, j'ai surtout l'impression que l'on aime beaucoup en France s'indigner de ce qui se passe aux États-Unis, surtout quand il y a un relent de pudibonderie et d'une certaine idée de la place de la religion dans la société.

Donc ni une, ni deux, je me suis demandé ce qu'il en était avec le sport national français, le football.
Article - 155 Mixité
1. Les joueuses U6 F à U15 F peuvent évoluer dans les compétitions masculines :
- de leur catégorie d’âge,
- de catégorie d'âge immédiatement inférieure à la leur mais uniquement dans les compétitions de Ligue et de District.
2. Par ailleurs les équipes féminines U15F peuvent participer à des épreuves régionales ou départementales masculines U13 dans les conditions de l’article 136.3 des présents règlements.

[ Fédération Française de Football, Règlements Généraux de la FFF ]

Donc, même chose en France finalement : à partir d'un certain âge les filles seront empêchées de jouer dans une équipe mixte, avec ou contre des garçons. Il faudra bien séparer tout cela. La mixité n'appartient qu'au monde innocent de l'enfance... J'aime beaucoup la notion de mixité dans les règlements de la FFF : il s'agit en fait d'autoriser les filles à jouer avec les garçons (ou contre, peu importe). Il ne s'agit de faire jouer les filles et les garçons, non : on accorde un peu de place aux filles dans un monde de garçon. C'est une vision très minimaliste de la mixité : l'incursion des filles chez les garçons, et non pas le mélange. Encore une fois, cet article dans les règlements généraux n'est pas là pour ouvrir la mixité mais pour la réduire. Une fille qui apprécie le football devra, à l'adolescence soit se trouver une équipe féminine accueillante, soit trouver un dérivatif (par exemple l'arbitrage... pour les amateurs j'imagine).

On pourra toujours arguer qu'il s'agit d'un problème de force physique etc. Bien sûr, tout ça c'est pour les protéger. Comme si les filles avaient besoin de protection par rapport aux garçons (je pense juste que les filles, et les garçons ont simplement besoin d'éducation au vivre ensemble). En aucun cas il ne s'agit d'exclure les filles, d'éviter de pseudo-problèmes dans les vestiaires etc.

Conclusion : les filles ont autant le droit que les garçons de devenir des bourrins amateurs de foot. Et ce sera très bien comme ça !

Réciproque

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Je ne suis pas quelqu'un d'intolérant. Et je n'ai rien contre les gens qui ont des croyances. J'ai de nombreux amis qui croient en une puissance métaphysique supérieure qui régirait notre planète. Ces choses ne me dérangent pas, je suis plutôt quelqu'un d'ouvert.

Bref, je ne suis pas cathophobe.

J'ai plein d'amis catholiques, je m'entends bien avec eux, et, en public, ils ne montrent pas trop leur différence ce qui satisfait tout le monde. Et d'ailleurs, leurs évocations ne me gênent pas trop, du moment que ce n'est pas vulgaire. Je ne garantis pas que j'arriverais à réprimer un haut le cœur s'ils en venaient à prier en public, ou ce genre de choses, mais tant que ça reste discret je ne suis pas gêné le moins du monde.

Je suis contre le mariage catholique.

Loin de moi toute cathophobie, donc, mais le mariage et l'adoption pour les couples catholiques, je dis non !

Je dis non, dans l'intérêt des enfants. Trouvez-vous normal que des enfants soient élevés dans un environnement qui a déjà connu de multiples affaires de pédophilie ? Le risque n'est pas nul, bien au contraire ! Et puis, les enfants de couples catholiques ont plus tendance que les autres à devenir catholiques eux-mêmes ! Il est également établi que de nombreux couples catholiques emmènent leurs nombreux enfants (souvent 6 ou 7, pour les allocs ?) à des réunions du lobby catholique le dimanche matin, où ils sont embrigadés et obligés d'écouter des chants bizarres, les empêchant de faire leurs devoirs scolaires, produisant sans doute de l'échec scolaire, le tout devant des hommes aux mœurs contre-nature (quel animal fait vœu de célibat, hein ?). Personne ne le nie !

Les couples catholiques ont le droit de s'aimer, mais ils ne devraient pas pouvoir adopter

Pourtant, l'interdiction du mariage entre couples de même religion catholique n'est pas discriminatoire : rien n'empêche ces gens de se marier avec des non catholiques. Ce n'est donc pas une question de droits, ou de liberté, comme l'assène le lobby catholique, omniprésent dans les médias. Élever des enfants nécessite un cadre qui doit être optimal, or, je suis désolé, mais un couple catholique n'est pas un cadre idéal.

Je serai donc de la prochaine Manip pour tous, et j'encourage chacun à y aller. Dans un élan de fraternité, d'union, car c'est la civilisation telle que nous la connaissons qui est en jeu.

Sans cathophobie.

[ Je suis contre le mariage pour tous, publié le 17 juin 2013 ]

Si on applique au catholicisme le même raisonnement qui a été appliqué (parlons au passé, en espérant que les errements des personnes de la Manip Pour Tous sont derrières nous) lors du débat sur le mariage pour tous on arrive très vite à ça, ce qui passera pour inacceptable pour beaucoup. Retour à l'envoyeur des arguments pourris.

Et maintenant on fait quoi ?

Walking-dead esprit canal

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A 59 ans (oui, bon d'accord, mais c'est quasi dix de moins que Denisot), Antoine de Caunes va renouer avec ses premières amours télévisuelles : le fils de Georges de Caunes et Jacqueline Joubert a débuté à la télé avec des émissions musicales (Chorus, les Enfants du rock, Rapido) avant de rejoindre Canal+. C'est, à partir de 1987, la grande époque de Nulle part ailleurs où de Caunes, en Didier l'embrouille, Pine d'huître, Raoul Bitembois, Gérard Languedepute (souvent en compagnie de José Garcia) fait subir les derniers outrages à l'animateur de l'émission Philippe Gildas. Sans jamais -et c'était devenu un running gag chez les Guignols qui croquaient De Caunes en « petit scarabée » infoutu de prendre la place de Maître Gildas- lui succéder à la tête de Nulle Part Ailleurs. On dirait bien que, vingt ans après, c'est chose faite.
C'est avec cet esprit-là qu'entend renouer Canal+ : un Grand Journal totalement reconstruit autour de la personnalité d'Antoine de Caunes, donc plus porté sur la fantaisie. Et ce alors que le Grand journal a vu son audience et son image se dégrader cette année. Côté audience, l'émission de Michel Denisot a subi les assauts de C à vous (France 5) et de Touche pas à mon poste de Cyril Hanouna lancé pourtant par D8, récemment acquise par Canal+. Côté image, le Grand journal s'est fait proprement dézinguer de l'intérieur par son ancien chroniqueur Ollivier Pourriol dans le livre On/Off où il raconte les arrières-cuisines suintantes de cynisme de l'émission.

[ Antoine de Caunes à la tête du «Grand journal» de Canal+, article publié sur libération.fr le 17 juin 2013 ]

Nostalgie quand tu nous tiens... On cherche à revenir au bon vieux temps, aux bonnes vielles recettes, à l'esprit canal qui a tant réussi à l'époque. J'ai adoré Antoine de Caunes à son époque. Il correspondait justement à une époque. Dommage que l'on ne puisse pas trouver mieux, ou en tout cas autre (qui a parlé de création, de recherche, d'innovation ?).

Jeunesse perdue, illusions perdues, temps perdu. Faites place aux morts-vivants de la télévision...

Lâcheté et coup de poignard dans le dos

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Les Femen, un féminisme de type néocolonial

Groupe féministe basé en Ukraine, une république ex-soviétique, les Femen se sont fait connaître depuis quelques années par des actions provocatrices de grande ampleur et une stratégie systématique de confrontation.

L'une de leurs pratiques emblématiques consiste à manifester seins nus afin d'affirmer que leur corps n'est pas un instrument au service d'une société patriarcale, mais qu'il leur appartient. Le corps des femmes étant instrumentalisé en permanence par les hommes et les médias, leurs manifestations sont une façon de se réapproprier le corps féminin comme symbole de résistance contre la société patriarcale. Se dénuder est donc un moyen par lequel les femmes peuvent "récupérer leur corps" dans le combat d'ensemble contre un système patriarcal.

Certains milieux féministes approuvent cette logique, mais je n'entends pas discuter ici des tactiques féministes. Je veux montrer que la volonté des Femen d'universaliser leur type de féminisme confère un caractère néocolonial à leur militantisme et à leur organisation. La question de l'universalisation du féminisme n'est pas nouvelle. La première vague féministe en Europe et aux Etats-Unis a été confrontée au même problème : les femmes fondaient leur féminisme sur leur propre expérience et entendaient le faire adopter par les femmes du monde entier, lesquelles vivaient pourtant des expériences totalement différentes.

Elles ignoraient également le fait que leur propre existence affectait celle des femmes vivant dans d'autres pays et sur d'autres continents. Beaucoup de féministes de la première heure, par exemple, étaient incapables de voir comment l'impérialisme et le colonialisme de leurs gouvernements ruinaient la vie des femmes vivant dans d'autres parties du monde. En fait, de nombreuses féministes occidentales prirent une part active au processus colonial en voulant "civiliser" et "moderniser" les femmes des pays arabes et africains. Pour elles, le féminisme signifiait que ces femmes arabes et africaines devaient devenir comme elles.

LE CONCEPT D'INTERSECTIONNALITÉ

Ce type de féminisme a suscité en contrecoup une réaction, principalement de la part de féministes postcoloniales issues des pays en voie de décolonisation, de féministes afro-américaines et latino-américaines aux Etats-Unis, et de certaines féministes européennes et américaines de la deuxième vague. Ces femmes affirmèrent que le féminisme était une affaire complexe qui devait représenter les vies et les points de vue divers des femmes du monde entier.

Elles introduisirent également le concept d'intersectionnalité : l'idée selon laquelle les femmes ne se définissent pas seulement par le genre, mais aussi par des identités telles que la race, la nationalité, la sexualité, etc. Ce qui signifiait que le féminisme devait prendre en compte la multiplicité des identités et la façon dont elles interagissent.

Quoique apparues après ce mouvement de réaction, les Femen semblent renouer avec les tendances de la première vague du féminisme. Une grande partie de leurs interventions ont pour objectif les femmes musulmanes qu'elles entendent "libérer" et "sauver" des hommes musulmans, de la culture musulmane et de l'islam en général. Lors d'une de leurs manifestations au pied de la tour Eiffel, elles sont apparues en burqa, puis se sont déshabillées afin d'attirer l'attention sur le fait que la burqa est un symbole d'oppression.

Une autre fois, elles ont décidé de traverser seins nus un quartier urbain français majoritairement musulman afin de convaincre les femmes musulmanes de renoncer à leur voile. Il est évident qu'aux yeux des Femen, la libération a une signification très précise : elle consiste à se libérer de la religion, de la culture et des codes vestimentaires oppressifs. Selon ce point de vue, plus vous êtes habillée, plus vous êtes opprimée. Ce n'est que dans ce contexte que le fait de se dénuder peut être considéré comme un processus émancipateur. Or ce genre de logique lie la libération des femmes à leur corps et à la façon dont elles s'habillent, ce qui est extrêmement problématique. Qui décide que tel ou tel vêtement féminin est oppressif ou non ?

Tout aussi problématique est l'idée selon laquelle toutes les femmes qui portent le voile ou la burqa sont opprimées et doivent être libérées. Ces convictions trahissent une certaine conception eurocentriste du monde qui ne peut être généralisée au niveau universel.

Mon point de vue en tant que féministe est que les femmes doivent avoir le choix. Ce choix dépend essentiellement de l'environnement socioculturel, économique et politique dans lequel elles vivent, et ne peut en aucun cas être dicté de l'extérieur. Les récentes interventions des Femen en Tunisie montrent à quel point elles sont déconnectées de la réalité des contextes proche-oriental et nord-africain. Au lieu de favoriser la prise de conscience des problèmes de genre, elles suscitent l'hostilité d'une société qui ne les voit que comme des étrangères cherchant à imposer leur conception des femmes, dans le droit-fil du processus colonial d'autrefois.

Le Proche-Orient et l'Afrique du Nord ont vu naître un large éventail de mouvements, de projets et d'actions féministes ou consacrés aux questions de genre. Si l'objectif des Femen est d'agir en solidarité avec les femmes du monde entier, alors elles devraient commencer par prendre contact avec ces groupes autochtones et leur demander de quelle façon elles peuvent apporter leur aide. Les politiques de solidarité dans un monde postcolonial marqué par le déséquilibre des pouvoirs sont des processus difficiles, mais elles ne conduiront nulle part si des groupes comme les Femen continuent à vouloir imposer leur point de vue et à affirmer que "leur" féminisme est le "bon" féminisme.

Les femmes noires se battent depuis longtemps pour faire admettre que le féminisme ne peut les aider que s'il se diversifie et ne s'inspire pas uniquement de l'expérience des femmes blanches euro-américaines hétérosexuelles de la classe moyenne. Il est regrettable que la couverture médiatique dont bénéficient les Femen contrecarre les avancées réalisées en ce domaine.

En outre, le climat mondial actuel dans lequel les musulmans sont déjà considérés comme posant problème aggrave considérablement la situation. Toutefois, les critiques qui ont été formulées contre les Femen constituent un signe positif, d'autant qu'elles ont été formulées aussi bien par des féministes euro-américaines que par des féministes des pays du Sud.

Le point central de beaucoup de ces critiques est que les féministes doivent veiller à ne pas tracer de nouvelles lignes d'exclusion. Elles doivent aussi accepter le fait que le féminisme ne l'emportera que s'il accueille une pluralité de voix.

Traduit de l'anglais par Gilles Berton

[ Sara Salem (Doctorante à l'Institut des sciences sociales des Pays-Bas), publié le 11 juin 2013 sur lemonde.fr ]

Sara Salem va vite en besogne et a la mémoire très sélective. Le vocabulaire utilisé est ahurisant : réussir à parler de race tout en indiquant que les Femens ne sont que des avatars du colonialisme, c'est une assez belle performance.

Je suis vraiment désolé pour Sara Salem : oui les droits humains sont universels. Ces droits ne sont pas solubles dans les dictatures, ne sont pas différents selon les pays, les croyances, le sexe ou que sais-je. Et pourquoi pas la couleur des yeux, la taille des pieds ou les allergies aux fraises. C'est juste incroyable.

Sara Salem se trompe sur toute la ligne. Complètement. Non les Femen ne ciblent pas que les musulmans (mensonge par omission, c'est pas bien Sara). Nous les avons vu se faire agresser par les fachos lors des immondes manifestations pour tous, nous les avons vu à Notre Dame parodiant le suicide d'un autre facho etc. Ce qui prouve l'universalité de leur combat, non ? Elles tapent là où ça fait mal.

Je trouve ahurissantes les réactions que les Femen provoquent, juste en montrant leur poitrine.

Ces femmes se battent pour le droit, pour la liberté, contre l'aliénation, contre l'arbitraire. Elles se mettent en danger, on les met en prison, on les bat, on leur demande de se taire. Pourquoi ? Pour deux seins montrés ?

Incroyable. Ces personnes qui se battent pour leurs idéaux doivent être défendues et non pas être poignardée dans le dos. Surtout le jour où on apprend la condamnation de trois militantes des Femen en Tunisie . Nous avons toujours, toujours, besoin des militants. Les idées doivent être défendues. Les droits doivent revendiqués. Les droits de l'Homme, les droits des femmes, la liberté et notamment la liberté d'expression n'ont pas besoin de coups bas comme ceux-là.

Sara Salem, je n'ai qu'une chose à vous dire. Votre lâcheté est au moins aussi importante que le courage de ces femmes. Et c'est peu de le dire.

Allaitement citoyen

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La première fois que je l'ai fait, j'avais 25 ans et c'était avec une fille. Ce fut un moment de plaisir mêlé d'angoisse, comme l'aboutissement d'un moment de ma vie et le début d'un autre, inconnu et plein de promesses. J'avais peur de na pas savoir m'y prendre, d'avoir mal. Mais ce fut à la fois charnel, sensuel et fusionnel, tout en étant pragmatique et vital.

C'était le début d'une grande aventure, car ensuite je l'ai fait partout et tout le temps ! Je l'ai fait couchée, assise, debout. Je l'ai fait le jour et la nuit. Bien sûr, je l'ai fait au lit, mais aussi sur le canapé, sur une chaise...

Le plus souvent, je l'ai fait chez moi, mais parfois je l'ai aussi fait chez ma mère, chez ma sœur, chez mon frère et même chez des amis. Il m'est arrivé de le faire dans le cabinet de mon dentiste ou au restaurant. Je dois l'avouer, je l'ai aussi fait dans la rue ou dans la voiture, le train et même dans l'avion. Je l'ai fait en vacances à Rome et à Paris, sur une plage de Normandie et dans les champs de l'Aveyron.

Pourquoi louper la moitié de la fête ?

Oui, j'ai allaité ma fille dans tous ces endroits. Car quand elle a faim, ma réponse est de lui donner le sein. Certaines de mes amies dégainent bien leur biberon. Alors, moi, je dégrafe mon corsage pour donner la gougoutte à ma fille. Mais à l'inverse de la chanson de Brassens, tous les gars du village ne sont pas là !

Parce qu'allaiter en public n'est ni sexuel ni obscène, et vraiment pas exhibitionniste. Parce qu'allaiter en public n'est pas un « attentat à la pudeur » – terme juridique qui n'existe plus depuis 1994.

Parce que mon sein vaut autant que celui de Madonna ou de Lady Gaga, et n'allez pas me dire qu'on en voit moins chez elles que chez moi ! Parce qu'allaiter est sain et naturel, il faut pouvoir le faire partout et tout le temps.

Non, on ne peut pas demander aux mères de se cacher – pourquoi devraient-elles transmettre à leur enfant que manger est quelque chose de tabou ? Ni de cacher leur enfant sous un châle – avez-vous déjà vu une vache ou une chatte se cacher sous un drap pour allaiter ? Ni de s'isoler dans un coin – pourquoi devrions-nous louper la moitié de la conversation ou de la fête ?

Je ne cacherai pas ce sein...

Je me souviens de mon amie Laëtitia, dont le beau-frère ne voulait pas qu'elle allaite en sa présence. Je me souviens de mon amie Justine, qui n'a pas voulu allaiter parce que c'est compliqué, surtout à l'extérieur.

Je me souviens de cette maman qui a été expulsée d'un magasin. Je me souviens de cette maman qui, après avoir essuyé des remarques désagréables, a peu à peu arrêté d'allaiter son enfant.

Alors oui, il faut défendre l'allaitement comme un choix et un droit pour chaque enfant et chaque mère face à la pression sociale du qu'en-dira-t-on, du glamour, des préjugés ou encore de la pudeur mal placée ! Ce n'est pas aux enfants de changer leur comportement sain, naturel et millénaire, c'est à la société de changer son regard, et non, je ne cacherai pas ce sein que vous ne sauriez voir.

Et plus vous en verrez, plus vous trouverez cela normal ; alors...

Aux armes citoyennes !

Sortez vos beaux nichons !

Allaitons, allaitons,

Qu'un lait bien bon,

Abreuve not' belle nation !


[ Aux armes citoyennes, sortez vos beaux nichons, et allaitons !, tribune de Gabrielle Girot publiée le 11 juin 2013 sur rue89.com ]
Cette tribune fait suite aux éléments relatés sur le site http://editionsduhetre.fr. En effet, le vendredi 03 juin 2013 une cliente d'un magasin Celio de Montpellier qui allaitait sa fille s'est vue intimer l'ordre de se cacher dans une cabine ou de sortir de la boutique :
Mais quelques secondes plus tard survient une personne qui, sans dire bonjour, affirme être la directrice du magasin et déclare : "Madame, ou vous allaitez dans une cabine, ou vous sortez !" Interloquée, la mère demande : "Mais pourquoi ?" Réponse de la directrice : "Parce que cela dérange la clientèle, une dame s'est plainte de ce que son mari regardait vos seins."
Sic.

Ma femme a allaité nos trois enfants (assez longtemps de plus : 11 mois pour l'un, 6 mois pour le second. Toujours en cours pour le troisième).
Quand ma femme donne à boire à notre fils, il ne s'agit que d'un acte tendre, d'amour maternel. Elle a pu nourrir nos enfants dans beaucoup d'endroits différents (comme dit dans l'article : à la maison, chez des amis, en voiture sur une aire d'autoroute, à la plage, dans un champ etc.), sous des regards interrogateurs, parfois amusés ou d'autrefois méprisants.

Certains, certaines pourront y voir une exhibition. Votre pudeur est bien mal placée alors. Je pense même qu'à ce stade, une prise en charge par le corps médical est nécessaire. Faites vous soigner. Laisser nous vivre. Ma femme vous gêne ? Franchement, merde.

Chaque chose est affaire de contexte : il n'y a rien de sexuel dans le fait qu'une mère nourrisse son enfant au sein. Tenez-le vous pour dit. Laissez les gens vivre. Laissez les enfants s'épanouir, les gens s'embrasser. Faites place à la vie, vous qui êtes morts en dedans.

Foutez votre pudibonderie ridicule, à la con, à la poubelle. C'est là qu'elle doit être. Je vous gêne ? Ma femme vous gêne ? Mes opinions vous gênent ? Tant mieux, nous sommes là pour ça.

Héros des démocraties, martyrs des gouvernements

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Espionnage par le gouvernement américain : Edward Snowden, ce héros

Depuis quelques semaines, il vit reclus dans une chambre d’hôtel à Hong Kong. Il a placé des coussins contre la porte de sa chambre pour déjouer toute tentative d’écoute. Quand il se connecte sur son PC, il compose son mot de passe avec une couverture sur la tête, au cas où une caméra le filmerait du plafond.

Il est totalement parano, mais il a des raisons. Edward Snowden, qui vient de confier au Washington Post et au Guardian sa véritable identité, est l’auteur du dévoilement du système Prism, par lequel le gouvernement américain accède aux serveurs des « géants de l’Internet », pour espionner potentiellement tous les utilisateurs de Google, Facebook et autres, ce qui fait au total bien du monde.

Dans quelles conditions précises se déroule cet accès ? Est-ce que les « géants » ont donné une totale carte blanche aux espions, est-ce que les boss étaient au courant ? Autant de points qui devront encore être précisés.

Il est possible que le Washington Post, dans ses habillages, dans ses manchettes, ait un peu forcé la dose, pas forcément mécontent de cogner sur les « géants » qui, pelletée après pelletée, clic après clic, enterrent le journalisme traditionnel. C’est possible. Mais cela ne concerne pas Edward Snowden, 29 ans, qui vient de conquérir sa place dans l’Olympe des « whistleblowers », aux côtés de Julian Assange ou de Bradley Manning.

Naïf et idéaliste

Sa brève autobiographie livrée au Guardian (lecture impérative) est celle, désespérément ordinaire et extraordinaire, d’un jeune Américain idéaliste, qui a eu le tort de croire aux histoires qu’on lui racontait. Il s’engage dans l’armée pour contribuer à libérer le peuple irakien de la dictature de Saddam Hussein. Peu à peu, il découvre les coulisses du renseignement américain.

Ce qui fait la force de son récit, c’est que sa naïveté, son idéalisme, y apparaissent sans fards. En poste à Genève, il voit par exemple la CIA compromettre un banquier suisse, en l’amenant à conduire en état d’ivresse, pour mieux le tenir ensuite, et récolter des renseignements bancaires. Le procédé est vieux comme le renseignement : il s’en dit pourtant choqué.
Il croit qu’Obama va mettre fin aux sales pratiques. Mais Obama ne fait rien. Alors il fait le grand saut, et balance sa pleine pelletée de documents au Washington Post. Après avoir sollicité des fonctionnaires américains, le journal décide prudemment de n’en publier qu’un dixième.

Il a fait ce qu’il pensait devoir faire

C'est dans ces circonstances, comprend-on, que Snowden balance les mêmes documents au Guardian, sans doute présumé plus indépendant du gouvernement US. Il sait les risques qu’il prend. Il sait qu’il risque l’exil à vie à Hong Kong, dans une chambre d’hôtel ni plus ni moins confortable qu’une chambre de l’ambassade d’Equateur à Londres, et finalement à peine plus qu’une cellule de prison militaire américaine.

Ou bien l’extradition aux USA. Ou bien des tentatives de récupération par le gouvernement chinois. Il le sait, et il reste debout. Il ne cherche ni la gloire ni l’argent. Il a fait ce qu’il pensait devoir faire, parce qu’il n’est pas vertueux d’espionner les citoyens.

Il est possible que l’on découvre demain que cette histoire est trop belle. Il est probable que la CIA va tout faire pour souiller cette légende toute neuve, et peut-être auront-ils des éléments pour le faire. En attendant, devant cette histoire telle qu’elle est racontée aujourd’hui, devant ce héros qui nous tombe dessus au réveil, on ne peut dire qu’un mot : chapeau.

[ Espionnage par le gouvernement américain : Edward Snowden, ce héros publié le 10 juin 2013 sur rue89.com par Daniel Schneidermann ]

On ne peut avoir que de l'admiration pour ceux qui luttent pour les idéaux de la démocratie. Ces personnes (Julian Assange, Bradley Manning, Edward Snowden ou encore Aaron Swartz) ont pris la décision de lutter pour leurs idées, de lutter pour la transparence, de lutter pour leurs concitoyens. Il sont devenus pour qui des parias, pour tous des cibles pour les gouvernements de leurs pays.

Martyr : Personne à qui on a infligé des supplices et/ou la mort pour une cause, un idéal.
[ Définition du CNRTL ]

Le mot martyr s'applique complètement à mes yeux. À quand l'ouverture d'un mémorial virtuel pour les combattants des libertés ?

Foire à la bêtise

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[...]

Un amalgame naïf, pervers

Eh bien non, la mort de Clément Méric n’est pas un simple fait divers : elle s’inscrit dans un contexte politique, économique et social très particulier, sans avoir besoin d’invoquer le cliché de « l’ambiance années 30 ». Ce n’est pas un accident si, dans plusieurs pays d’Europe, de telles exactions sont commises par des groupes de la même eau néofasciste.

D’autant que le coup de poing mortel de la rue Caumartin a été, en France, précédé une série d’agressions du même type, à coup de batte de baseball, contre des homosexuels, des immigrés ou des militants de gauche, que ce soit à Lille, à Lyon ou à Villeurbanne.

Par ailleurs, non, l’extrême gauche n’a rien à voir l’extrême droite : cet amalgame est au mieux naïf, au pire pervers. Même quand, dans les années 70, certains groupes d’extrême gauche légitimaient la violence contre l’ordre établi et ses symboles, il est impossible d’assimiler celle-ci aux ratonnades ou aux « chasses au pédés » perpétrés par des nostalgiques d’Adolf Hitler.

Mettre dos à dos les groupes antifascistes et des groupes néonazis est non seulement une ânerie, mais aussi une méconnaissance indigne de notre Histoire.

[ Mort de Clément Méric : la foire aux âneries , Pascal Riché le 07 juin 2013 - Rue89.com ]

Mise au point salutaire de Pascal Riché à propos de la mort de Clément Méric. Tant de bêtises sont dites, tant d'âneries sont proférées que l'on se demande qui sera le champion du ridicule. Entres les raccourcis, les simplifications qui ne sont des explications simplistes et la mauvaise foie assumée de certains, il est difficile de trouver une once d'intelligence.

Bernard Debré, professeur des amalgames

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La mort d'un militant d'Extrême-gauche

La mort d’un jeune homme est toujours un drame épouvantable. Ce jeune a vraisemblablement été très sauvagement agressé par une bande de néo-fascistes agressifs. Il semblerait que ces bandes se connaissaient, mais ce n’est pas une excuse évidement.

La violence qui règne actuellement du fait de bandes d’Extrême-droite comme d’Extrême-gauche est insupportable. Il est évident que si son appartenance à un groupuscule connu (néo-fascistes, skinheads) est avéré, il faudra certainement interdire ce type de groupuscule hyper-dangereux.

Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi ces bandes, qui viennent polluer, aussi bien à droite qu’à gauche, les manifestations souvent pacifiques, sont encore en liberté, ou du moins pourquoi leur groupuscule n’est pas été interdit.

Il est dramatique que cette violence règne. Elle a plusieurs raisons, plusieurs motivations et d’abord l’égarement idéologique de l’Extrême-droite et celui de l’Extrême-gauche. Il faut aussi comprendre que tous les jeux hyper violents mis à la disposition des enfants qui, lorsqu’ils deviennent adultes, ont cette culture dramatique. On ne peut qu’être révolté par ce type d’action hyper violente.

Je suis révolté en entendant Pierre Bergé, comme d’autres d’ailleurs, vouloir trouver la source de cette violence dans les manifestions pacifistes des femmes, des hommes et des enfants qui ont défilé dans Paris contre le mariage pour tous.

Cet amalgame est odieux et montre bien l’absurdité d’un certain nombre d’homme et de femmes de gauche pourtant dite modérée. Il n’y a rien à voir entre ces familles et ces voyous néo-fascistes qui viennent perturber la fin de ces manifestations. On pourrait faire le parallèle avec les perturbateurs des manifestions de gauche, toutes aussi violents, qui cassent, brisent et se heurtent également aux CRS ou aux forces de police.

Soyons objectifs et n’humilions pas la mémoire de ce pauvre garçon en pratiquant des amalgames honteux.

Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris

[ La mort d'un militant d'Extrême-gauche - Professeur Bernard Debré, le 06 juin 213 à 11h19 ]
Bien joué : en voulant dénoncer des amalgames (mais en fait en voulant simplement régler ses comptes avec la Gauche et notamment Pierre Bergé) et en stigmatisant encore et toujours les mêmes (les jeunes, les joueurs, la gauche etc.) Bernard Debré n'aura réussi qu'à faire encore plus d'amalgames. Puis-je lui conseiller de commencer tout de suite à appliquer ses conseils, et à lui même en tout premier lieu ? Il y a je crois, urgence...

Donc résumons la pensée de Bernard Debré :
 - extrême droite, extrême gauche, même combat. On met tout le monde dans le même sac à amalgames, sans problème ;
 - jeux vidéo, violence, même chose ;
 - les personnes qui ont manifesté contre le mariage pour tous, donc contre une ouverture à des droits nouveaux sont les gentils ;
 - le peuple de gauche (ceux qui pour le mariage pour tous), représenté par Pierre Bergé, n'est constitué que de méchants, incapables de faire la différence entre les bandes de fafs et les nazillons et les familles du bon peuple de droite.

C'est juste... simpliste non ? pour ne pas dire... légèrement moisie comme argumentation ? La stigmatisation des populations, c'est certainement notre plus grande chance de sortir de tout cela...

Quelle médiocrité dans cette prise de position.

Et au même moment, on tombe sur cet article de Numerama : les jeux vidéo feraient de bons citoyens.

Soyez sympas, partagez

Rédigé par jdrien - - aucun commentaire
- M. Elroy Fletcher ? Le non-respect des droits d'auteur est un délit aux niveaux étatique et fédéral. J'ai apporté de Trenton une injonction et de Washington, un mandat de saisie. Attendu que vous, le défendeur, ne vous êtes pas présenté à l'audience, les studios se concertent pour évaluer les dommages sur... Combien de titres, au juste ?
- Dans les 200.
- Mais qu'est-ce que c'est ? Le registre des locations !
- Quoi ?
- 200 titres, multipliés par combien de visionnages ?
- En moyenne 63 par cassette.
- Multipliés par 250 000, l'amende maximum, et / ou une peine d'emprisonnement allant jusqu'à 5 ans par violation. Ce qui fait au total...
- 3,15 milliards de dollars d'amende à verser aux studios.
- Je vous fais un chèque.
- Et / ou... 63 000 ans de prison. À purger, bien sûr, avant de pouvoir rouvrir le magasin.
- Mais on a fait les films nous-mêmes.
- Vous avez raison. Sauf que vous avez tort. Car ces cassettes appartiennent aux studios.
- Regardez, c'est écrit là : "Avertissement du FBI". Juste avant le film, aussi.
- Mais on l'a effacé.
- Donc...
- Les gens viennent ici car ils veulent voir des films.  Ils se fichent pas mal des superproductions formatées...
- Ce n'est pas notre propos. Toute l'industrie s'écroule...
- Virez-les.
- ... à cause des pirates. Nous comptons y mettre un terme sur-le-champ.
- On a pas de bateau, on n'est pas des pirates. Et on n'a pas de virus.
- Je regrette, monsieur... Moi aussi, j'ai une famille.
- J'ai pas parlé de ça. Quel est le rapport ?
- Quoi qu'il en soit ce document m'autorise à détruire vos cassettes piratées avant ce soir. Et tous les actifs du magasin sont saisis pour dédommager les studios. Essayons d'en finir vite et sans trop d'effusions.

[ Be Kind Rewind (Soyez sympas, rembobinez) - 2008 ]

La culture ne vaut que si elle peut être partagée. Une fois diffusée, elle n'appartient plus à son créateur (et encore moins aux studios, éditeurs ou ayants droits). Dans le cas contraire, elle n'avait pas à sortir de l'esprit de son créateur. Comme n'importe quel concept, comme n'importe quelle idée, la culture doit vivre à travers le partage. Sinon le darwinisme se chargera d'elle et elle disparaîtra.

Brut d'homophobie

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Les éléments de langage sont travaillés. Le mot d'ordre est d'éviter tout dérapage, comme l'explique Philippe Gosselin, l'orateur du groupe UMP : "Au PS, ils se sont dit : 'on leur refait le coup de 1999 avec le pacs, il y aura bien une Boutin pour brandir la Bible et ils passeront pour des ringards'. Mais ils se sont trompés, on n'est plus dans le débat homophobe de ces années-là.
[Nicolas Chapuis, À droite, un collectif parlementaire va ferrailler contre le mariage gay, Le Monde le 23 janvier 2013.]

Je pense que les personnes qui sont à l'origine du Tumblr hop-hop-hop-homophobie.tumblr.com doivent crouler sous les déclarations plus homophobes les unes que les autres (voir aussi l'observatoire mis en place par Libération). Qu'on ne se trompe pas : dès que j'entends quelqu'un être contre le mariage pour tous, je vois l'homophobie et la haine suinter... Le leitmotiv "Je ne suis pas homophobe mais" est devenu le nouveau "Je ne suis pas raciste mais". Et c'est toujours aussi pathétique d'entendre des gens prendre autant de précautions oratoires pour déverser leur haine.

Vous êtes contre le mariage pour tous ? Très bien, ça me fait franchement plaisir que vous soyez contre : ça montre vraiment à quel point vous êtes rétrogrades, à quel point vos valeurs ne sont pas les miennes. J'aime bien juste quand les raclures de bénitiers sont outrés.... Mon plaisir coupable !

Libération du geek

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Moulinex libérait la femme, Apple libère le jeune ou le geek.
Patrice Duchemin, France Inter - Le téléphone sonne - 26/09/2012.

La biographie de Patrice Duchemin présente sur le site de France Inter pour l'émission de ce soir :
Sociologie spécialiste de la consommation
Planneur stratégique
Rédacteur du blog L'Oeil by LaSer
Membre du Comité d’éthique (Cométh) de l'agence de communication LIMITE
Co-auteur avec Philippe Lemoine de "60 initiatives qui réinventent le quotidien" aux éditions Scrineo.
Moi qui pensait qu'un sociologue était censé nous élever, prendre de la hauteur. Que je suis heureux de n'être ni une femme ni un geek ni un jeune moi...

Charlie Hebdo, brochette de réactions

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Les réactions au numéro du mercredi 19/09/2012 de Charlie Hebdo sont pour le moins bigarrées.

La plupart des réactions sont pathétiques et ne sont que des concerts du style "Je suis pour la liberté d'expression mais". Ce fameux mais qui pourri toutes les réflexions, toutes les idées, toutes les prises de position. Mêmes ceux qui étaient des provocateurs dans l'âme, mêmes ceux qui nous ont habitués à lutter sont atteints de ce mal. Je pense bien sûr aux propos de Daniel Cohn-Bendit. Et dans une moindre mesure à ceux de Guy Birenbaum. Avec des défenseurs de la liberté d'expression comme eux, les intégristes ont fait le plein d'amis. Merci pour eux. Ces gens ont-ils oublié que la défense de la liberté d'expression ne se limitait pas à la défense des idées pour lesquelles on est d'accord ? La liberté d'expression s'applique à tous, pour tout. Si je décide de ne pas aimer le Père Noël j'en ai foutrement le droit !

Nonobstant, j'ai surtout et particulièrement aimé l'éditorial de Nicolas Demorand dans le journal Libération de ce jour :
En appeler au sens des responsabilités des dessinateurs, leur demander d’y réfléchir à plusieurs fois avant de publier, les exhorter à prendre en compte le contexte géopolitique comme s’ils étaient porte-parole du Quai d’Orsay, c’est mettre le doigt dans un engrenage dont le premier cran est l’autocensure et le dernier la capitulation. De l’une à l’autre, le chemin se révèle étonnamment court ; il est sans retour. En démocratie, libre à chaque titre d’établir sa ligne éditoriale ; libre au lecteur de lire ou de ne pas lire ; libre aux personnes qui se sentent offensées de demander réparation devant les tribunaux, la seule arme légale. Et espérons que sous d’autres régimes, des armes d’une autre nature ne soient pas utilisées.
[Nicolas Demorand, Libre, Libération du 20/09/2012]

Charlie Hebdo, les pisse-froid et les pleutres

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La question du jour est donc celle-ci : dans le contexte actuel, Charlie Hebdo devait-il se taire ou bien a-t-il eu raison de publier de nouveau des caricatures de Mahomet ?

charlie_une_2012_09_19
[Une de Charlie Hebdo du mercredi 19/09/2012]

La question finalement devait plutôt être celle-ci : comment en sommes-nous arrivés à nous poser cette question ? Attendre quelque chose de raisonnable de Charlie Hebdo ? Pardon, mais ce n'est pas pour ça que je leur donne 2,5€ à chaque numéro. Quoi, Charlie a voulu faire le buzz ? Parler du "buzz" de Charlie quand on vit sous protection policière (c'est le cas de Charb), quand son lieu de travail est détruit par un attentat (après la publication de Charia Hebdo), quand on est dépositaire de la tradition de Hara-Kiri et de toutes les interdictions et pressions que les auteurs ont pu connaître, ça me fait sourire. Si certains peuvent penser cela, alors ils ont un autre Dieu, l'argent. Et je ne suis pas vraiment sûr que les auteurs de Charlie roulent sur l'or... Ce qui est pitoyable c'est que certains ne ramènent la liberté d'expression qu'à un problème d'argent...

Bien sûr que l'on attendait Charlie au tournant. Et heureusement qu'ils sont là. Merci à eux de résister et de ne pas succomber à la peur. Il faudrait donc se taire ? Tous les appels au silence que j'ai pu entendre ou lire n'ont été lancés que par peur (les terroristes ont gagné) ou par un soit-disant respect dû aux croyances (les intégristes ont gagné). J'ai le droit de ne partager aucune de ces raisons.

Mais à partir du moment où la question de la raison par rapport à celle du droit est posée, les intolérants n'ont-ils pas déjà gagné une bataille ? Notre esprit est déjà contaminé par cette vermine, par ce poison. Dans ce cas, les partisans des appels à la raison ne font que le jeu des extrémistes. Le silence qu'il serait raisonnable d'observer et que l'on veut imposer ne sera bien sûr pas du respect mais de la crainte. Dans ce cadre, la réaction du Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault est, il faut le dire, à côté de la plaque.

La seule façon de lutter c'est de tenir bon : bouffons les curés, les pasteurs, les religieux de tous les horizons, les bas du front, les abrutis et tutti quanti. Faisons-les sortir du bois. Qu'ils se montrent et que l'on voit leur vrai visage. Et nous verrons bien : on ne sort pas de centaines d'obscurantisme du jour au lendemain.

Je peux tout à fait respecter les individus, mais ne me demandez pas de me taire pour respecter leurs croyances. Les croyances doivent être confrontées, discutées, taillées en pièce etc. On doit les faire vivre, les faire évoluer. Tout simplement parce que les tenants de ce respect des croyances ne sont que des rétrogrades. Cela ne vous plaît pas ? Ne me lisez pas, ne m'écoutez pas. Point barre. Je vous gêne toujours ? Il vous restera la loi, donc le tribunal et le juge. Et nous verrons. Mais il est hors de question que ma vie s'organise autour des croyances ridicules des religieux. On lira avec plaisir la tribune de Hubert Lesaffre En France le blasphème n'existe plus publiée sur le site Internet de Libération.

Pour en revenir à Charlie, il n'était pas compliqué de se donner la peine d'ouvrir le journal avant de réagir (n'est-ce pas M. Fabius) :

charlie_mahomet_charb.jpg

[Extait de Charlie Hebdo du 19/09/2012 - Photo Paul Da Silva - http://twitpic.com/aw62uy]

Tant que Charlie continuera, tant que Charlie prendra le contre-pied de la pensée ambiante je les soutiendrai.

Merci Charlie. Tenez bon.

RIP Michel Polac (10 avril 1930 - 7 août 2012)

Rédigé par jdrien - - 6 commentaires
Suite à l'annonce de la mort de Michel Polac le 07/08/2012, j'ai entendu sur France Inter sa nécrologie (le terme est assez moche, mais la journaliste ne se contentait que de ça). J'ai alors appris que son émission Droit de Réponse avait été supprimée de l'antenne en 1987 après la diffusion d'un dessin de Cabu : "Une maison de maçon, un pont de
maçon, une télé de M...)".

J'ai voulu voir ledit dessin sur Internet. Je l'ai trouvé sur le site Internet de l'EIRIS (Équipe interdisciplinaire de recherche sur l'image satirique, ça ne s'invente pas.).
wiaz_bouygue_polac

Comme on peut le constater très rapidement le dessin n'est pas de Cabu mais de Wiaz. En fait, Cabu a lu dans l'émission la légende du dessin de Wiaz.

Plusieurs articles font la même erreur, par exemple le Point. Il était tout de même facile de ne pas faire cette bêtise, juste en croisant les sources et en étant curieux. Ce dessin a donc été diffusé dans l'émission Droit de réponse du 19 septembre 1987, qui fut la dernière.

En 1987, c’est la privatisation de TF1 et la fin de "Droit de réponse". Ce qui aurait précipité la chute de l’émission ? Avoir passé en direct un dessin de Wiaz accompagné de la phrase : "Une maison de maçon ; un pont de maçon ; une télé de m...".  "C’était la première fois que je venais dans 'Droit de réponse', pour réagir notamment sur la construction du pont de l’île de Ré construit par... Bouygues” explique Wiaz à Téléobs. "Quand j’ai appris le renvoi de toute l’équipe, je me suis senti un peu coupable, même si Polac avait vu le dessin deux fois avant de le montrer à l’antenne. Pour Bouygues, c’était aussi un prétexte pour se débarrasser de Polac."

On remarquera aussi que le Nouvel Observateur fait du hotlinking vers le Huffington Post...

À la décharge des journalistes, le site de l'INA est quand même une honte : impossible de revoir cette fameuse dernière émission. Franchement, ça sert à quoi l'INA, mis à part servir de base d'archives aux Enfants de la Télé et autres âneries éculées ?

Bref, repose en paix Michel. Ceux qui t'ont rendu hommage ne sont certainement pas ceux qui qui feront le mieux vivre ta raison d'être : débattre. Tout simplement parce que pour débattre, encore faut-il avoir des idées, des opinions et le courage de les assumer. Que cela manque cruellement actuellement...
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