Compatibilité maximale

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Le Front national a décidé de passer au crible la vie privée des journalistes qui couvrent son actualité. Et ce dans le but de «les écraser» et de leur «marcher dessus». Les mots sont de Philippe Martel, le chef de cabinet de Marine Le Pen, cité par Le Point.

«On va vous rentrer dans le lard», a expliqué à une journaliste de l'hebdomadaire cet ancien collaborateur d'Alain Juppé passé au Front national. Dans son viseur: «Tous ces connards de journalistes institutionnels». «De toute façon, les Français vous détestent. Notre plan média, c'est de vous attaquer à mort. La presse nous est défavorable, pourquoi continuer à collaborer avec elle?» dit-il. Et d'ajouter: «Il faut dire les études que vous faites, les appartements que vous habitez.»

[ Le Front national passe au crible la vie privée des journalistes, lefigaro.fr le 27 mai 2014 ]

Et comme le disait Nicolas Sarkozy, et comme en sont encore convaincus certains, le front national est toujours compatible avec la République ?

Moulinsart SA, fossoyeur de Tintin

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tintin censure le petit XXle
Patrimoine commun

Aux Etats-Unis, Marvel et DC, s’ils savent aussi être pénibles, ont tout de même laissé leurs personnages de superhéros vivre leur vie. Superman, Batman ou Spiderman ne sont ainsi plus seulement des personnages de comics, ce sont aussi des héros de cinéma et d’Internet. Ce sont des mèmes, utilisés à satiété pour commenter l’actualité ou simplement pour faire des blagues. Cela rend ces héros créés au lendemain de la Grande Dépression pour le premier, juste avant la Seconde Guerre mondiale pour le second, et dans les années 60 pour le troisième, encore bien vivants. Ils ont réussi le pari d’être une partie intégrante du patrimoine culturel américain tout en restant en phase avec la société. Pour Marvel, ce détournement des œuvres est loin d’être un problème et a même permis à l’entreprise de devenir un studio hollywoodien surpuissant.

Tintin, pour le monde francophone, pourrait être la même chose. Un étendard et un bien culturel commun. Un signe de fierté à promouvoir pour montrer la capacité de notre culture à éclairer et interpréter les enjeux du monde actuel. Au contraire, les éditions Moulinsart ont choisi de mettre le petit personnage sous cloche, dans un musée d’où il n’a pas le droit de sortir. Il prend doucement la poussière. Face à la concurrence des héros de comics et de mangas, accessibles partout et tout le temps, Tintin est invisible. Les jeunes, petit à petit, ne se tourneront plus vers lui. Ils vont l’oublier. Au-delà d’une simple ligne de bénéfices en bas du bilan comptable des éditions Moulinsart, de toute évidence, Tintin se meurt.

[ Quentin GIRARD, Tintin prisonnier de Moulinsart, liberation.fr le 26 mars 2014 ]


Le problème de l'appartenance de la création au créateur est connu (cf par exemple la mort de Sherlock Holmes par Sir Arthur Conan Doyle.). À partir de quel moment la création n'appartient plus au créateur ? Quand fait-elle partie de notre culture commune, de notre patrimoine ? Ce qui se joue derrière cette question est notamment la problèmatique du droit d'auteur...

Mais ce qui se passe ici c'est la question des ayants droits. Quels sont les droits des personnes qui n'ont rien à voir avec le processus créatif (cas de la société Moulinsart SA dirigé par Nick Rodwell, époux de la veuve d'Hergé). Ces personnes se comportent comme des parasites, de vulgaires gstionnaires qui confisquent un patrimoine culturel commun. Dommage, de moins en moins de personnes liront Tintin. De moins en moins de jeunes découvriront Tintin. Tintin sera mort, et avec lui tout un pan de notre patrimoine.

Charlie Hebdo et le racisme tarte à la crème

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Il y a quarante ans, conspuer, exécrer, conchier même les religions était un parcours obligé. Qui entendait critiquer la marche du monde ne pouvait manquer de mettre en cause les si grands pouvoirs des principaux clergés. Mais à suivre certains, il est vrai de plus en plus nombreux, il faudrait aujourd'hui se taire.

Passe encore que Charlie consacre tant de ses dessins de couverture aux papistes. Mais la religion musulmane, drapeau imposé à d'innombrables peuples de la planète, jusqu'en Indonésie, devrait, elle, être épargnée. Pourquoi diable ? Quel est le rapport, autre qu'idéologique, essentialiste au fond, entre le fait d'être arabe par exemple et l'appartenance à l'islam ?

Nous refusons de nous cacher derrière notre petit doigt, et nous continuerons, bien sûr. Même si c'est moins facile qu'en 1970, nous continuerons à rire des curés, des rabbins et des imams, que cela plaise ou non. Nous sommes minoritaires ? Peut-être, mais fiers de nos traditions en tout cas. Et que ceux qui prétendent et prétendront demain que Charlie est raciste aient au moins le courage de le dire à voix haute, et sous leur nom. Nous saurons quoi leur répondre.

[ Non, "Charlie Hebdo" n’est pas raciste !, tribune publiée le 20 novembre 2013, lemonde.fr par Charb et Fabrice Nicolino ]
Bref : ça va toujours mieux en le disant : continuez Charlie Hebdo, sortez vos tripes et n'ayez pas peur des intégristes, des religieux, des intolérants. Le pseudo racisme est devenu l'argument tarte à la crème de toute une partie de la population. Assumez votre position et continuez !

Héros des démocraties, martyrs des gouvernements

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Espionnage par le gouvernement américain : Edward Snowden, ce héros

Depuis quelques semaines, il vit reclus dans une chambre d’hôtel à Hong Kong. Il a placé des coussins contre la porte de sa chambre pour déjouer toute tentative d’écoute. Quand il se connecte sur son PC, il compose son mot de passe avec une couverture sur la tête, au cas où une caméra le filmerait du plafond.

Il est totalement parano, mais il a des raisons. Edward Snowden, qui vient de confier au Washington Post et au Guardian sa véritable identité, est l’auteur du dévoilement du système Prism, par lequel le gouvernement américain accède aux serveurs des « géants de l’Internet », pour espionner potentiellement tous les utilisateurs de Google, Facebook et autres, ce qui fait au total bien du monde.

Dans quelles conditions précises se déroule cet accès ? Est-ce que les « géants » ont donné une totale carte blanche aux espions, est-ce que les boss étaient au courant ? Autant de points qui devront encore être précisés.

Il est possible que le Washington Post, dans ses habillages, dans ses manchettes, ait un peu forcé la dose, pas forcément mécontent de cogner sur les « géants » qui, pelletée après pelletée, clic après clic, enterrent le journalisme traditionnel. C’est possible. Mais cela ne concerne pas Edward Snowden, 29 ans, qui vient de conquérir sa place dans l’Olympe des « whistleblowers », aux côtés de Julian Assange ou de Bradley Manning.

Naïf et idéaliste

Sa brève autobiographie livrée au Guardian (lecture impérative) est celle, désespérément ordinaire et extraordinaire, d’un jeune Américain idéaliste, qui a eu le tort de croire aux histoires qu’on lui racontait. Il s’engage dans l’armée pour contribuer à libérer le peuple irakien de la dictature de Saddam Hussein. Peu à peu, il découvre les coulisses du renseignement américain.

Ce qui fait la force de son récit, c’est que sa naïveté, son idéalisme, y apparaissent sans fards. En poste à Genève, il voit par exemple la CIA compromettre un banquier suisse, en l’amenant à conduire en état d’ivresse, pour mieux le tenir ensuite, et récolter des renseignements bancaires. Le procédé est vieux comme le renseignement : il s’en dit pourtant choqué.
Il croit qu’Obama va mettre fin aux sales pratiques. Mais Obama ne fait rien. Alors il fait le grand saut, et balance sa pleine pelletée de documents au Washington Post. Après avoir sollicité des fonctionnaires américains, le journal décide prudemment de n’en publier qu’un dixième.

Il a fait ce qu’il pensait devoir faire

C'est dans ces circonstances, comprend-on, que Snowden balance les mêmes documents au Guardian, sans doute présumé plus indépendant du gouvernement US. Il sait les risques qu’il prend. Il sait qu’il risque l’exil à vie à Hong Kong, dans une chambre d’hôtel ni plus ni moins confortable qu’une chambre de l’ambassade d’Equateur à Londres, et finalement à peine plus qu’une cellule de prison militaire américaine.

Ou bien l’extradition aux USA. Ou bien des tentatives de récupération par le gouvernement chinois. Il le sait, et il reste debout. Il ne cherche ni la gloire ni l’argent. Il a fait ce qu’il pensait devoir faire, parce qu’il n’est pas vertueux d’espionner les citoyens.

Il est possible que l’on découvre demain que cette histoire est trop belle. Il est probable que la CIA va tout faire pour souiller cette légende toute neuve, et peut-être auront-ils des éléments pour le faire. En attendant, devant cette histoire telle qu’elle est racontée aujourd’hui, devant ce héros qui nous tombe dessus au réveil, on ne peut dire qu’un mot : chapeau.

[ Espionnage par le gouvernement américain : Edward Snowden, ce héros publié le 10 juin 2013 sur rue89.com par Daniel Schneidermann ]

On ne peut avoir que de l'admiration pour ceux qui luttent pour les idéaux de la démocratie. Ces personnes (Julian Assange, Bradley Manning, Edward Snowden ou encore Aaron Swartz) ont pris la décision de lutter pour leurs idées, de lutter pour la transparence, de lutter pour leurs concitoyens. Il sont devenus pour qui des parias, pour tous des cibles pour les gouvernements de leurs pays.

Martyr : Personne à qui on a infligé des supplices et/ou la mort pour une cause, un idéal.
[ Définition du CNRTL ]

Le mot martyr s'applique complètement à mes yeux. À quand l'ouverture d'un mémorial virtuel pour les combattants des libertés ?

Attaque de geeks

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Pourquoi les geeks attaquent

Préambule
Suite à la mésaventure arrivée à une société de conception de site web qui a récolté un Effet Streisand après avoir menacé d'une action en justice le site suite à un commentaire qu'elle a jugé diffamant, j'ai trouvé l'analogie entre son expérience et celle d'une personne donnant un coup de pied dans un nid d'abeilles après s'être fait piquée assez amusante (du point de vue de l'observateur, cela va de soit). Des philosophes grecs en passant par La Fontaine et les maîtres Zen, l'observation attentive de la nature s'est souvent montrée riche d'enseignement pour le philosophe en quête de sagesse. J'invite donc mes lecteurs éventuellement tentés par ce type de réaction à méditer sur cette transposition d'un texte publié par Yahoo! expliquant simplement : Pourquoi les abeilles attaquent ?

Le commentaire à l'origine de cette page.
Pourquoi les geeks attaquent ?
Comment éviter une rencontre potentiellement fatale avec un essaim de geeks.

Les geeks sont parmi les créatures les plus travailleuses de l'Internet. Ils travaillent sans arrêt pour leur réputation et leur soif de connaissance de manière à garder leur communauté active. Ils ne s'arrêtent jamais de coder, produisant, administrant et enrichissant de nouveaux services. Alors que la plupart des observations de geeks se passent bien, une mauvaise rencontre avec un groupe énervé de geeks interrompus ou maltraités peut être fatale à sa réputation.

Les geeks se connectent généralement à un portail communautaire. Ils buzzent autour en collectant de l'information de sites proches de leurs intérêts qu'ils ramènent à leur communauté. Mais alors, qu'est ce qui peut amener un essaim de geeks à attaquer ?

Il est important de se rappeler que les geeks ne sont pas là pour attaquer qui que ce soit. Ils sont généralement en train de butiner à droite, à gauche pour collecter de l'information. Cela ne les dérange pas d'être à proximité d'autres créatures de l'Internet du moment qu'elles ne les importunent pas.

Pour éviter une attaque de geeks, on ne devrait jamais blesser ou menacer un geek. La raison pour laquelle un groupe peut riposter est lié au message qu'un geek maltraité postera. Ce message est un signal de détresse émis à destination des autres geeks qui va attirer tout le reste de la communauté et les pousser à se défendre.

Pour cette raison, les corporations qui exploitent les geeks doivent prendre beaucoup de précautions quand elles veulent récolter le fruit du travail des communautés. Si elles blessent accidentellement un geek, elles risquent d'être attaquées par toute la communauté. Aucune protection ne pourra les sauver d'une attaque d'un essaim de milliers de geeks furieux et déterminés à se défendre.

C'est pour cela que les corporations qui exploitent les geeks les enfument. Cela neutralise les émissions de messages éventuellement émis par un geek en détresse et réduit les chances d'attaque de tout le groupe. L'enfumage peut aussi pousser les geeks à se méfier, et les amener à travailler encore plus dans le but de se libérer de l'emprise de ces corporations en préparant leur migration vers un endroit moins enfumé.

La raison la plus fréquente qui se trouve à l'origine d'une attaque de geeks est la menace de leur portail communautaire. En aucun cas, une corporation qui n'a pas une solide expérience dans l'exploitation des geeks ne devrait s'approcher d'un portail communautaire. La communauté au complet peut attaquer à tout moment si elle se sent menacée. Les geeks sont très sensibles à la réputation de leur communauté et tant que celle-ci est présente, ils attaqueront tout ce qui sera susceptible de la menacer.

La règle d'or et le meilleur conseil que l'on peut donner pour éviter une attaque par un essaim de geeks est de ne jamais faire en sorte qu'un geek se sente menacé. Les geeks attaquent car ils sont loyaux entre eux et ils ont un but commun : que leur réputation qui fait la force de leur communauté reste intacte.

Si vous vous trouvez proche d'un geek, passez votre chemin tranquillement sans le déranger. Si vous vous trouvez dans une zone fortement peuplée de geeks, il vaut mieux vous en éloigner. Si jamais une communauté de geeks se forme dans votre corporation, demandez à un gestionnaire de communauté professionnel et compétent de gérer la situation sans les menacer ni les blesser. Les geeks sont un maillon très important de l'écosystème de l'Internet. Ils aident le réseau à se développer et contribuent à son équilibre naturel.

    « Si le geek disparaissait de la surface de l'Internet, l’internaute n’aurait plus que quatre années à vivre » Albert Geekstein.

[Pourquoi les geeks attaquent, publié le 2 juin 2013, sous licence CC by-sa]
Publié sur Linuxfr.org suite à l'affaire Linkeo - Linuxfr.org. Pour plus d'information, voir l'article de Ploum (Mises en demeure, un racket légal), ou le Geektionnerd (Geektionnerd) ou encore pcinpact (Mise en demeure de LinuxFr : un responsable de Linkeo s’explique).

Résumé pour Linkeo :
 - embaucher des sysadmins (merci reflets.info)
 - embaucher des commerciaux, qui vont avoir du taf vu les dégâts de la dernière campagne de pub ;
 - embaucher des développeurs web ;
 - changer de cabinet d'avocats.

Moralité de l'histoire : une bonne réputation ne se gagne pas avec des avocats, mais à la sueur...
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