Torchon

Rédigé par jdrien - - aucun commentaire
Un parti libéral-libertaire à l'assaut des jeunes

Appelé le Parti Pirate, ce micro-mouvement aux idées libérales-libertaires grappille des voix dans la génération numérique. Leur priorité : pouvoir regarder gratuitement sur Internet tout ce qu'ils veulent.
Plonger dans l'univers des Pirates, c'est un peu comme parler politique avec votre grand filleul que vous n'avez pas vu depuis sa communion solennelle: d'abord vous n'y comprenez rien, puis quand vous comprenez, vous prenez peur.

D'abord parce que ce tout petit parti, qui grappille des voix dans les élections depuis un an, a mis en tête de son programme des sujets dont vous ne soupçonniez pas l'importance jusqu'ici mais qui, de toute évidence, sont l'absolue priorité de toute une génération: en premier lieu, pouvoir écouter et regarder librement (entendez: gratuitement) sur internet tout ce qui leur chante. «Ce que nous souhaitons, c'est légaliser le partage de fichiers entre citoyens tant qu'il est organisé de manière non lucrative», précise Maxime Rouquet, un sympathique ingénieur en informatique de 27 ans, ancien coprésident du mouvement et aujourd'hui, l'un de ses animateurs pour l'Ile-de-France.

    « Ce que nous souhaitons, c'est légaliser le partage de fichiers entre citoyens tant qu'il est organisé de manière non lucrative »
    Maxime Rouquet, coprésident du mouvement

Attention: les Pirates - un nom choisi par provocation en 2005 par le créateur du mouvement, un Suédois, pour montrer à quel point il était, selon lui, ridicule de les traiter comme des criminels - ne sont pas contre les artistes. «On ne vole pas, on copie, on partage», précise Maxime. Ils seraient même leurs meilleurs alliés... Car les Pirates combattent «un oligopole, ce système dans lequel quelques acteurs contrôlent tout le circuit de distribution de la culture» et se servent grassement au passage, au détriment des artistes. «Notre combat s'apparente à celui des radios libres au début des années 80», ajoute le jeune homme.

Sauf que les Pirates ne s'arrêtent pas à la mort - désormais programmée - d'Hadopi. Ils appliquent leur logique libérale-libertaire à toute la société. Ils sont, par exemple, contre les brevets. «Nous pensons que les brevets n'ont plus de raison d'être ; ils étouffent constamment l'innovation et la divulgation de nouveaux savoirs», lit-on dans leur programme. Cela vaut même pour les brevets sur les médicaments qui «constituent une appropriation du vivant» au profit des malades des pays riches. Logiquement, le Parti Pirate est également opposé à toute forme de censure sur internet, comme le blocage administratif de sites diffusant des contenus pédopornographiques. «Notre position est: pas de fermeture de site sans décision de justice», explique Maxime, pour qui il s'agit simplement de «transposer les droits de l'homme au numérique».
«Il est interdit d'interdire», version digitale

Mais le raisonnement des Pirates va plus loin: «La censure n'est pas la réponse», glisse le jeune homme, conscient qu'il avance en terrain miné: «Entendons-nous bien: nous sommes contre la pédopornographie mais nous pensons que plus on met d'interdits sur le net, plus les réseaux sont souterrains, sophistiqués et donc difficiles à démanteler.» Le même raisonnement s'applique naturellement aux sites néonazis, djihadistes, et autres guides en ligne pour apprentis terroristes. Bref, c'est un peu le vieux mot d'ordre soixante-huitard «il est interdit d'interdire» revu et corrigé à la sauce digitale.

Le programme du Parti Pirate est ainsi: une longue liste de «droits fondamentaux» et de revendications que les plus de 20 ans et quelques ne peuvent pas comprendre. Leur priorité? «Le droit à l'anonymat et au pseudonymat.» On trouve également de mystérieuses doléances comme «empêcher la limitation de l'interopérabilité»... Mais les Pirates militent aussi pour «rétablir l'indépendance de la justice», avec la suppression du garde des Sceaux et le «passage obligatoire devant un juge pour le placement en garde à vue». En revanche, on cherchera en vain un mot sur l'économie, le social ou le logement.

Ni de droite, ni de gauche, proche de la mouvance écologiste

En France, le Parti Pirate reste archiconfidentiel. Aux législatives de 2012, il a présenté une centaine de candidats qui ont récolté un peu plus de 30.000 voix. Mais lors de la législative partielle du Val-de-Marne en décembre dernier, son candidat a frôlé les 3 %, trois fois son score de juin 2012. Car ce drôle de mouvement, officiellement ni de droite ni de gauche, mais en réalité proche de la mouvance écologiste, pourrait bien capitaliser sur la défiance croissante des jeunes à l'égard des partis traditionnels. Bien implanté en Europe du Nord (il a des élus au Parlement suédois), il compte deux députés au Parlement européen qui, l'an dernier, ont tout fait pour saborder un traité européen anticontrefaçon.

[ Sophie Roquelle - Le 24/05/2013 à 15:49 - lefigaro.fr ]
Sophie Roquelle est une journaliste (c'est écrit sur le site du Figaro) au journal Le Figaro. Pas legorafi, non, mais Le Figaro. Que les sujets soient orientés, on peut comprendre. Mais tant de bêtises, honnêtement... Il faut être parfois sérieux quand même. Ou bien tenté de travailler un peu (ou faire mine). Ou bien se taire Mme Roquelle.

Je ne résiste pas à publier les sujets que Sophie Roquelle a traité par le passé :
  • Un parti libéral-libertaire à l'assaut des jeunes
  • Grandes villes : les maires soignent leur image
  • Les folies de nos élus locaux
  • Départements : toujours plus de dépenses sociales
  • Régions : des élus très communicants
  • Contribuables, le saviez-vous ?
  • Ile-de-France : luxe, voyages et notes de frais
  • Les gagnants et les perdants du projet de budget pour 2013
  • Les 35 heures coûtent au moins 22 milliards par an
  • Les hausses d’impôts arrivent dès maintenant
  • La gauche vote 7,2 milliards d’impôts en plus
  • Francis Perrin, un père en lutte contre l’autisme
  • Impôts : ce qui nous attend !
  • Impôts : ce que cinq foyers types vont payer
  • La brigade qui traque les super-fraudeurs
  • Mathieu Laine : «Non à l'impôt punition !»
  • 20 pistes pour baisser la dépense publique
  • Ces agences méconnues qui notent la France
  • Retraites : par ici la caisse !
  • Les folles dépenses de nos élus

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