Sexualisation rance

Rédigé par jdrien - - aucun commentaire
Il y a des pensées vieillies et nocives qui hantent les débats dès qu’il est question de sexualité. Il y a cette conviction qu’il existe des choses naturelles, des évidences essentielles que, jamais, rien ne démentira.

Pour les antimariage pour tous, deux personnes du même sexe ne peuvent élever un enfant.

Pour les machos et les viragos alliés dans le même différentialisme, l’homme a plus de besoins sexuels que la femme, et il est écrit de toute éternité que l’un paiera pour assouvir ses pulsions animales que l’autre accueillera en silence, en rêvant à l’impossible prince attentionné qui protégerait sa sensibilité maternante de belle au bois dormant.

Pour les abolitionnistes, le client de prostitués est un violeur qui s’ignore, la fille publique n’est qu’une esclave dénuée de libre arbitre, l’homme des bois est un prédateur, la femme - courage ne peut être que victime, la Suède, c’est le paradis, la Suisse, c’est mal, la Nouvelle-Zélande, c’est trop loin pour y aller voir.

En résumé, les hommes sont méchants, les femmes sont gentilles.

Et si moi, en tant qu’homme génétique, j’avais envie que ce soit la journée de la gentillesse toutes les semaines ?

Et si l’homme unique qui est en moi voulait être une foule sentimentale à lui tout seul ?

Et si moi, en tant que femme sporadique, j’avais envie d’affirmer ma méchanceté ? Dites-moi, je fais comment ?

[ Luc Le Vaillant, La sentimentalité, autre violence «faite» aux femmes... publié le 25 novembre 2013 sur liberation.fr ]

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